Magnifique témoignage de Martin Jubert



L’heure de la nativité approche. Bientôt, on se rappellera les prophéties de Michée et d’Isaïe, qui annonçaient que le fils de Dieu verrait le jour à Bethléem, des entrailles d’une vierge.
Moi, je me rappellerai que Dieu a des plans qui nous dépassent, que les prophéties furent accomplies, que Dieu n’a cessé de nous aimer, de se rabaisser, puisque que Jésus, est né, dans la plus simple des conditions, dans une étable, que sa première nuit fut dans le creux froid d’une mangeoire.
J’imaginerai Marie, qui s’inquiète de l’arrivée imminente de son tout petit et Joseph lui, qui s’abandonne, perdu, dépassé.
Il est né le divin enfant, là-bas, et c’est seulement aujourd’hui que je le comprends, que je l’intellectualise, que je le vis avec le coeur.
Nul besoin de le voir, il faut croire.
A l’image de saint Thomas pourtant, il m’a fallu voir. Et si, nous le savons, Jésus nous offre un cadeau : désormais, la montagne sainte de Jérusalem n’est plus une obligation pour prier Dieu -comme cela était le cas pour les Juifs-, aujourd’hui, il demande, humblement, à voix basse, de Le prier, « en esprit et en vérité », ou au moins de se souvenir de lui dans cette nuit pauvre, froide et paradoxalement lumineuse.
Pour comprendre, pour croire, que Dieu nous a offert son fils à Bethléem et que nous l’avons crucifié à Jérusalem, sacrifice ultime de Dieu, ressuscité et vivant pour toujours, j’ai eu besoin de voir. 5 mois, 5000 km de Notre-Dame de Paris à Jérusalem, à pied, dénué de tout.
Pour voir, j’ai dû souffrir, me rabaisser en condition de pauvre pèlerin, m’abandonner totalement à la vie, souffle de providence.
Avant de partir, j’ai souffert de ne croire en rien si ce n’est en l’ivresse et en la perfidie de l’homme, adolescent errant et prêchant le plaisir. Je suis parti et j’ai vu, que si l’homme est infiniment complexe, qu’il peut être à la fois monstre d’horreur et disciple attentif, il y a un être qui là-haut nous demande, qui te demande : « Que puis-je faire pour toi ? », en humble serviteur et c’est ainsi qu’il nous bénit et qu’il nous aime.
En cette nuit de Noël, chers élèves, chers professeurs qui pour beaucoup m’ont accompagné, soutenu, encouragé, soyez bénis !
M. Jubert, élève de la promo 2025
