Au cours des siècles

La renommée de ce qui se passe à Lamballe se répand rapidement. Les Communautés de ville ou les Administrateurs des Hôpitaux demandent « les Dames de Saint-Thomas » pour tenir leurs petits Hôtels-Dieu.

Le XVII siècle

Au cours des vingt premières années la Congrégation s’étend à : Moncontour, Brest, Concarneau, Craon, Ploërmel, Saint Brieuc, Guéméné-sur-Scorff, Malestroit, Saint-Malo, Rennes, Thouars, Dol-de-Bretagne, Buzançais, Vannes, Saint-Servan… Partout, les filles de Saint Thomas vivent dans l’hôpital où elles demeurent :

« elles servent gratuitement par pure charité, donnant leurs services et charitables soins et leur travail »

Le 20 juillet 1683, la Société Saint-Thomas de Villeneuve est officiellement agrégée à l’Ordre de Saint-Augustin en qualité de Tertiaires.

En 1694, on choisit trois maisons pour y établir des « séminaires » (noviciats) : en Bretagne, en Poitou et en Île-de-France.

En 1698 la Maison-Mère s’installe rue de Sèvres à Paris.

Soeurs

 

Le XVIII siècle

 

En 1720 :  quatre équipes de Sœurs partent secourir les pestiférés à Marseille. Toutes succomberont, victimes de leur dévouement. Le malheur frappe encore à Quimper en 1725, l’épidémie n’épargnera pas les Sœurs qui les unes après les autres périront…

En 1761 : 1er centenaire de la Fondation : environ 56 maisons confiées à 330 Sœurs. 

En 1774 :  première édition des Constitutions.

 

Attentive aux détresses des hommes de son temps, la Congrégation avait dû étendre sa mission pour répondre aux besoins nouveaux et aux appels de l’Église. Ses activités dépassaient, depuis longtemps déjà, le cadre des petits hôpitaux des origines. Aussi était-il nécessaire de préciser les Constitutions :

« On leur demandera, avant de les admettre à la profession, si elles ne sont pas indifférentes pour tous les emplois et lieux où on voudra les occuper, et également contentes de servir Dieu et le prochain, dans les grands comme dans les petits hôpitaux, dans les maisons de refuge comme dans celles de pensionnaires, dans les maisons de retraite comme dans les écoles charitables... »

En 1789 : la Révolution dispersa les Sœurs qui, pour beaucoup, continuèrent les soins aux malades sous l’habit séculier. En effet, la consigne de la supérieure générale était de quitter l’habit religieux et de tout faire pour rester à son emploi sous la seule réserve que ce maintien dans les lieux ne mette en cause, ni la fidélité aux vœux, ni l’attachement à Rome.

Certaines religieuses se réfugièrent dans leur famille, plusieurs y mourront et les autres reviendront après la tourmente. Dans les hôpitaux administrés par les municipalités, les religieuses seront chassées puis rappelées ou chassées définitivement, emprisonnées et persécutées.

En 1792 :  les Établissements pour filles pénitentes et les Écoles charitables fermeront. Au total, la Société quittera une vingtaine de maisons.

Vitrail du Père Ange

 

Le XIX siècle

 

En 1806 : la Statue de Notre Dame de Bonne Délivrance prend place dans la Chapelle de la Maison Mère, rue de Sèvres à Paris.

En 1810 : approbation des Statuts de la Congrégation par Napoléon 1er.

En 1834 : translation des restes du Père Ange du Cloître des Augustins à Paris, à la rue de Sèvres.

En 1870 : le siège de la ville de Paris fut terrible. La population subit la faim. L’hiver fut très rude et les combustibles manquaient. La peur et le désespoir étreignaient le peuple. La Commune y ajouta des persécutions religieuses.

La supérieure générale fut retenue en Bretagne à cause des événements et c’est de là qu’elle continua à gouverner. Les novices et les sœurs malades l’y rejoignirent bientôt. De Bretagne, elle envoya de précieuses provisions pour les Sœurs demeurées à Paris. Au milieu des combats, des incendies, des bombardements, les maisons de Paris, principalement des refuges sont une retraite pour les miséreux et les blessés. Perquisitions, humiliations et menaces mettent les religieuses en continuel péril.

La protection de Notre Dame de Bonne Délivrance est manifeste.

Notre Dame de Bonne délivrance

 

Le XX siècle

 

En 1904 : loi interdisant l’enseignement à toutes les congrégations en France. Fermeture des pensionnats et écoles. La Congrégation envoie les religieuses enseignantes continuer leurs bonnes œuvres à l’étranger. Ainsi s’ouvrent les maisons de Carlisle, Durham, Kingsbridge en Angleterre, Lustin en Belgique. 1908, le percement du Boulevard Raspail à Paris dont le plan passe exactement sur l’emplacement de la Maison-Mère, oblige les Sœurs à chercher une nouvelle résidence. En septembre, elles s’installent à Neuilly- sur-Seine.

En 1914/18 : Première Guerre Mondiale. Les temps s’avèrent difficiles, plusieurs maisons gémissent sous la tyrannie de l’envahisseur, dans d’autres, les Sœurs succombent à la tâche. Chaque jour arrivent à la Maison- Mère des demandes de renfort que l’on ne peut entendre, faute de personnel disponible. La Maison-Mère est mise à disposition de la Croix Rouge, une ambulance s’organise.

En 1936 : création des premières écoles d’infirmières à Saint-Brieuc, L’Aigle, Le Havre.

En 1939/1945 : Deuxième Guerre Mondiale. La « grande débâcle » de 1940 jette sur les routes tout un peuple affolé. Les hôpitaux sont surchargés. Sans ménager leur peine, les Sœurs s’appliquent à réparer les malheurs nés de l’exode. Les bombardements endommagent l’hôpital du Havre et la Maison-Mère, détruisent totalement l’hôpital de L’Aigle et celui de Brest.

En 1948/1954 : la Congrégation fonde ses premières missions en Afrique et aux États- Unis.

En 1961 : Tricentenaire de la Congrégation. 1989, Premières Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve d’origine africaine.

En 1995 : nouvelle fondation au Pérou à Iquitos. 1997, Tricentenaire de la mort du Père Ange le Proust, fondateur de la Congrégation.

          Djilas au Sénégal                     Dakar Sénégal

 

Le XXI siècle

 

2001, nouvelle mission à Kilibo, au Bénin. Ouverture d’un jardin d’enfants et d’un dispensaire. Participation de la vie de la Paroisse.

2004, rédaction de la Charte pour les établissements scolaires.

2005, La congrégation STV crée un conseil de tutelle pour accompagner les établissements scolaires.

2008, séminaire des Chefs d’Établissement Scolaire à Rome, et qui reste gravé dans la mémoire de ceux et celles qui l’ont vécu. 2010, les Établissements de Santé se regroupent sous une seule entité dénommée Hospitalité Saint-Thomas de Villeneuve. (HSTV), dont le siège est à Lamballe, la Maison de la Fondation.

2011, la Congrégation fête le Jubilé des 350 ans de sa Fondation. À cette occasion, le premier séminaire en commun des Directeurs des Établissements de Santé et des Chefs d’Établissement Scolaire nous aident à réfléchir et à mettre en commun pour « faire fleurir l’hospitalité ».

2012, l’Hôtel-Dieu de Pont l’Abbé rejoint HSTV. Ouverture de la Mission de Bitchabé au Togo par le soutien de l’activité pastorale dans la paroisse. Identification des besoins en santé et de l’éducation des jeunes afin d’y répondre selon nos moyens.

2014, premières journées de Formation pour les Équipes Éducatives des Établissements Scolaires Saint-Thomas de Villeneuve.   Et aujourd’hui encore, tournés vers l’avenir, avec tous les laïcs qui mettent leurs compétences au service de la dignité de la personne, dans le respect de chacun, nous continuons de faire fleurir l’hospitalité, en agissant auprès de tous avec tendresse et cordialité, ce qui n’est rien d’autre que :

AIMER ET SERVIR DIEU ET SON PROCHAIN

                  Au Togo                        A Kilibo